Sarkozy demande aux syndicats de "poser" le drapeau rouge
par Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry
PARIS (Reuters) - A cinq jours du second tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a réussi mardi son pari de mobiliser ses troupes pour un 1er-Mai inédit et revendiqué l'héritage du général de Gaulle pour prôner un nouveau modèle social.
Le beau temps aidant, au moins 100.000 personnes, 200.000 selon le président-candidat, avaient envahi la place du Trocadéro face à la tour Eiffel pour ce rassemblement en forme de défi lancé à la gauche et aux syndicats, qui défilaient au même moment sur l'autre rive de la Seine.
Après des semaines d'escarmouches avec les syndicats, Nicolas Sarkozy, face à une marée de drapeaux tricolores, les a exhortés à abandonner la "vieille lune de la lutte des classes" : "Posez le drapeau rouge et servez la France!"
"Votre rôle n'est pas de faire de la politique, de défendre une idéologie, votre rôle est de défendre les salariés et le travail", a-t-il ajouté.
Dans un discours d'une demi-heure, qui portait la marque de son conseiller Henri Guaino, il a invoqué à plusieurs reprises le général de Gaulle et sa conception de la politique sociale pour stigmatiser les "insulteurs" qui lui ont dénié "le droit de parler aux Français le 1er mai".
"Nous nous considérons comme acteurs du progrès social autant que vous et sans doute même davantage", a-t-il lancé à l'adresse de l'opposition socialiste, qu'il a accusée d'avoir "appauvri les travailleurs en prétendant les protéger" avec la semaine de 35 heures et la retraite à 60 ans.
Il a réaffirmé que la question du travail était "centrale" dans son projet et dit vouloir se battre pour un "nouveau modèle social où les syndicats, au lieu d'être une force de conservation, seront une force de transformation sociale (...) où chacun prendra sa responsabilité et où enfin on se fera confiance."
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