Marine Le Pen franchit l'obstacle des 500 signatures

mardi 13 mars 2012 15h39
 

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a franchi le principal obstacle de sa campagne présidentielle en annonçant disposer des 500 parrainages requis pour pouvoir briguer l'Elysée lors du scrutin d'avril-mai.

"J'ai mes 500 parrainages, je serai donc candidate à l'élection présidentielle", a-t-elle dit à Reuters.

La présidente du Front national devait faire une déclaration officielle de candidature mardi à 16h00 à Hénin-Beaumont, sur ses terres électorales du Pas-de-Calais où elle a obtenu ses meilleurs scores électoraux.

Marine Le Pen avait semé le doute sur sa capacité à briguer l'Elysée en faisant état de ses difficultés à recueillir les parrainages, sans convaincre une partie de la classe politique qui dénonçait une mise en scène.

L'équipe de campagne de Marine Le Pen a exprimé son "immense soulagement", soulignant que les banques ne voulaient pas prêter à la candidate les fonds nécessaires à sa campagne tant qu'un doute subsistait sur sa participation.

"Ca va vraiment commencer, tout va changer", a dit le directeur stratégique de campagne Florian Philippot sur i>Télé.

"A partir de maintenant, elle est libérée de cette angoisse, de ce poids financier, elle va pouvoir dire à ses électeurs 'je suis là', a assuré de son côté Gilbert Collard, le président de son comité de soutien, sur France 2.

L'incertitude des parrainages étant levée, une ou plusieurs banques ont donné leur accord pour un prêt de 4 millions d'euros, soit la moitié du budget de la candidate, a déclaré mardi le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just.

Le virement est conditionné à la validation des parrainages, "mais le prêt est sûr", a-t-il, confirmant une information d'Europe 1.

Louis Aliot, le vice-président du parti, a démenti que Marine Le Pen ait bénéficié d'un coup de pouce de l'UMP, comme le suggèrent des politologues qui jugent que Nicolas Sarkozy n'a de chance de l'emporter qu'en bénéficiant de bons reports de voix du FN au second tour.

"On a des dizaines de preuves qui prouvent le contraire et l'UMP a maintenu une pression jusqu'au bout pour nous empêcher de les avoir", a-t-il dit sur i-télé.

"LE SKETCH DES SIGNATURES"

La validité de chaque parrainage sera vérifiée par le Conseil constitutionnel. La date-butoir pour le dépôt des parrainages est fixée au vendredi 16 mars.

Sur son compte Twitter, Marine Le Pen écrit : "Je serai candidate à l'élection présidentielle. Le système qui a voulu m'en empêcher vient de perdre une bataille".

La présidente du FN avait dénoncé à plusieurs reprises le système des parrainage - et saisi sans succès le Conseil constitutionnel -, estimant que les élus susceptibles de la parrainer subissaient des pressions.

A droite comme à gauche, les adversaires de Marine Le Pen dénoncent une mise en scène destinée à victimiser la candidate du FN.

"Il n'y a qu'elle qui entretenait ce suspense", a réagi Manuel Valls, directeur de la communication du candidat socialiste François Hollande, sur Europe 1.

"La famille Le Pen a toujours eu ses signatures et donc nous savions parfaitement qu'elle aurait encore ses signatures. Pour le débat, c'est important qu'une force politique soit représentée, bien évidemment, mais moi je n'avais aucun doute", a-t-il ajouté.

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, "c'est la plus vieille série de la vie politique française. Même à la télé, il n'y en a pas qui durent aussi longtemps."

"Cela fait trente ans que l'on a le sketch des signatures", a-t-elle ajouté sur BFMTV et RMC.

Dans un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match, Europe 1 et Public Sénat, diffusé lundi, Marine Le Pen est créditée de 16% des voix au premier tour. Elle obtenait 17% des intentions de vote dans une précédente édition de ce sondage fin février.

La dirigeante du front national, qui semblait il y a plusieurs mois en mesure de pouvoir troubler le duel Sarkozy-Hollande, pâtit du forcing du président-candidat.

Après avoir creusé l'écart ces dernières semaines avec Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy devance le prétendant socialiste (28,5% contre 27%) dans cette même enquête.

Avec Chine Labbé, édité par Patrick Vignal

 
<p>Marine Le Pen a d&eacute;clar&eacute; mardi &agrave; Reuters disposer des 500 parrainages requis pour pouvoir se pr&eacute;senter &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle fran&ccedil;aise d'avril-mai. /Photo prise le 22 janvier 2012/ REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p>