Un homme surpris en train d'uriner attaque Google

vendredi 2 mars 2012 08h45
 

NANTES (Reuters) - Un homme a assigné jeudi Google Street View devant le juge des référés du tribunal de grande instance d'Angers (Maine-et-Loire) après avoir été photographié en train d'uriner dans la cour de sa maison par un véhicule équipé de caméras.

Depuis que la photo a été mise en ligne sur l'application Street View, cet artisan âgé d'une cinquantaine d'années dit être devenu la risée de son village, une commune rurale de 3.000 habitants située au nord du département.

"Cela pose un problème démocratique car chacun a le droit de vivre dans un certain secret", estime Jean-Noël Bouillaud, son avocat. "Dans ce cas précis, ce n'est pas grave, c'est plutôt rigolo. Mais s'il avait été surpris en train d'embrasser une autre femme que la sienne, le problème aurait été le même.

Le quinquagénaire réclame donc le retrait immédiat de la photo - et non un simple floutage de son visage, comme l'a fait la multinationale. Il demande aussi 10.000 euros de dommages et intérêts, à "titre secondaire".

L'avocat de Google Street View, qui n'avait jamais eu affaire à la justice française jusque là, plaide la nullité de cette assignation, le service étant édité depuis les Etats-Unis et non la France. Il considère également que la saisie du juge des référés, une procédure d'urgence, n'est pas justifiée.

Google Street View est un service lancé en 2007 afin de compléter Google Maps et Google Earth. Il utilise des prises de vue provenant d'une voiture ("Google Car") qui circule dans les rues équipée de caméras.

La juridiction a mis sa décision en délibéré au 15 mars.

Guillaume Frouin, édité par Patrick Vignal

 
<p>Un homme a assign&eacute; jeudi Google Street View devant le juge des r&eacute;f&eacute;r&eacute;s du tribunal de grande instance d'Angers (Maine-et-Loire) apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; photographi&eacute; en train d'uriner dans la cour de sa maison par un v&eacute;hicule &eacute;quip&eacute; de cam&eacute;ras. /Photo prise le 6 d&eacute;cembre 2011/REUTERS/Jacques Brinon/Pool</p>