Un demi-million d'Espagnols manifestent contre le gouvernement
par Paul Day et Tomás Cobos
MADRID (Reuters) - Des centaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche dans toute l'Espagne pour dénoncer les réformes du droit du travail et les coupes dans les dépenses publiques mises en oeuvre par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy.
La journée nationale de mobilisation était organisée notamment par les deux principales centrales syndicales du pays, les Commissions ouvrières (CCOO) et l'Union générale des travailleurs (UGT).
Selon les organisateurs, les cortèges répartis dans 57 villes ont attiré un demi-million de manifestants. La police n'a fourni aucune estimation.
A Madrid, le défilé était l'un des plus importants depuis le début de la crise, il y a près de cinq ans. La foule allait de la gare d'Atocha jusqu'à la place de la Puerta del Sol, dans le centre de la capitale espagnole.
"Les contrats de travail empirent année après année", dénonce Nacho Foche, un chercheur universitaire de 27 ans croisé dans la manifestation. "Ils disent qu'ils veulent investir dans l'avenir, mais ils coupent dans les budgets de la recherche. Ils ne s'intéressent pas à l'avenir, mais aux prochaines élections avec des coupes dictées depuis Bruxelles", ajoute-t-il.
Le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, arrivé au pouvoir en décembre dernier, a annoncé une hausse des impôts et une baisse de la dépense publique représentant une quinzaine de milliards d'euros. Il doit trouver une quarantaine de milliards d'euros supplémentaires pour respecter les objectifs budgétaires fixés par l'Union européenne.
Il a également réformé le fonctionnement du secteur financier, contraignant les banques à reconnaître leurs pertes dans le secteur de l'immobilier, et réformé le droit du travail, donnant davantage de latitude aux employeurs pour recruter et licencier leurs salariés.
L'Espagne, quatrième puissance économique de la zone euro, subit le chômage le plus élevé du monde développé, avec 23% de sa population active sans emploi. Près de la moitié des moins de 25 ans sont au chômage. Suite...

